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Départ place Stan' à 15 heures; la place est noire de monde, et certains sont venus en famille, avec même de tout petits enfants. On circule de groupe en groupe. L'ambiance est bon enfant, calme, détendue, très amicale et fraternelle.
Au départ de la manifestation, les socialistes distribuent des roses rouges (les autres groupes se contentent de tracts et d'autocollants). Un souvenir de mai 1981 me revient.
Rapidement, le cortège s'organise derrière les bannières. Il y a beaucoup d'élus de gauche, mais moins que ce que je pensais. De part et d'autre du flot, de petits groupes de lycéens, très jeunes, remontent le courant vers la tête. Eux crient des slogans, alors que le gros du défilé est un peu atone.
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Bonne nouvelle: je peux dessiner tout en marchant. Ce n'est pas facile, mais c'est possible, tant qu'on ne me bouscule pas.
On remonte la rue Stanislas jusqu'à la gare, puis entre la gare et la place de la République d'autres groupes se joignent à la manifestation.
Partis, syndicats, groupes anars, artistes, collectifs, socialistes, communistes, verts, non militants mais le coeur à gauche, ils sont tous là. Ils se côtoient et se parlent, mais finalement les groupes se mélangent peu.
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Une blague circule: nous sommes 50.000 selon les organisateurs, 300 selon les forces de police.
Ainsi que des conseils par le bouche à oreille: voter avec des gants pour ne pas se salir les mains; envoyer les bulletins non utilisés à l'Elysée, se boucher le nez avec une pince à linge dans le bureau de vote, etc.
C'est symbolique, certes, mais amusant, et cela défoule.
En fin de compte, plus de 20.000 personnes dénombrées, c'est pas mal.
Jean-Claude, militant PS, distribue des tracts sans faiblir depuis une semaine. Il aura un manif-elbow demain.
Rue Saint-Jean, la foule grossit encore. Il y a du monde au balcon; sur les trottoirs les badauds s'agglutinent pour regarder passer le défilé.
Retour place Stan.
Une belle image, un symbole fort: un mariage mixte sort de la mairie au moment où le défilé revient sur la place. Les mariés sont applaudis à tout rompre; les roses rouges du Parti Socialiste sont offertes à la mariée; les élus viennent l'embrasser. Je crois qu'elle se souviendra de ce jour-là.
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